L’enseignement supérieur – un droit collectif, un service public !

Les États généraux de l’enseignement supérieur (ÉGES) sont l’occasion de dresser un bilan du fonctionnement et des missions des réseaux collégial et universitaire québécois après des années d’austérité qui ont consolidé une administration de plus en plus managériale relayée par une vision gouvernementale empreinte d’une logique marchande. Organisé par les partenaires de l’enseignement supérieur, ce rendez-vous a pour but de partager et de diffuser des analyses, de renforcer les liens entre les groupes et les organisations qui réclament des changements dans la manière de financer, d’administrer et de développer le réseau de l’enseignement supérieur afin que cesse le dévoiement de ses missions.

Les compressions budgétaires imposées ces dernières années par le gouvernement du Québec aux cégeps et aux universités se traduisent par une nette dégradation des conditions d’enseignement, de recherche et d’étude : diminution de l’offre de cours, hausse du nombre d’étudiantes et d’étudiants par classe, attrition des ressources d’encadrement et des services à la population étudiante, baisse des bourses de soutien, manque de ressources pour l’accompagnement d’une diversité croissante de profils d’étudiantes et d’étudiants, etc. Cette dégradation s’accompagne également d’une détérioration des conditions de travail, pensons notamment à la surcharge de travail et à la précarisation des emplois. Cette dégradation touche l’ensemble des personnels et, bien sûr, les étudiantes et les étudiants.

De plus, la montée d’un centralisme autoritaire dans l’administration des établissements, hautement préjudiciable à la vie académique et scientifique, se manifeste de multiples façons : attaque à la collégialité et à la liberté académique,  détournement des missions, assujettissement de la recherche aux exigences du marché, judiciarisation des rapports entre les directions et les membres de la communauté, imposition de mécanismes d’assurance qualité incompatible avec le monde du savoir et de la recherche fondamentale.

L’imminence de la création de nouvelles instances,  Conseil des collèges, Conseil des universités et Commission mixte de l’enseignement supérieur, accroit la nécessité pour la société québécoise d’adopter une vision claire des missions et du développement de l’enseignement supérieur et ainsi défendre une conception de l’enseignement supérieur comme service public.

Tel est le programme des ÉGES de mai 2017, qui vise à développer une vision et une démarche communes. L’ensemble des requêtes des partenaires auprès du gouvernement québécois visant à garantir le sain essor du réseau de l’enseignement supérieur sera formalisé lors d’un second rendez-vous des ÉGES tenu à la veille des prochaines élections provinciales (1er octobre 2018).


Objectifs des ÉGES

  1. Créer un espace de débat et de réflexion autour des enjeux en enseignement supérieur.
  2. Se servir de ces évènements pour remettre à l’ordre du jour certains enjeux, comme : la gratuité, l’aide financière aux étudiants-es la marchandisation, l’assurance qualité, le financement (mal financement, sous-financement, définancement), la gouvernance, l’éducation populaire et la formation continue, l’accessibilité, la recherche, la tâche enseignante, etc.
  3. Créer ou renforcer les liens avec d’autres organisations qui œuvrent en éducation pour partager nos analyses et unir nos actions pour faire de l’éducation une priorité nationale.
  4. Débattre des solutions qui correspondent à notre vision de l’enseignement supérieur et des conditions nécessaires à sa réalisation.
  5. Prévoir un plan d’action et mobiliser la société québécoise pour faire pression sur les pouvoirs politiques pour aller dans ce sens.