Chantier du eCampus Québec

Chantier du eCampus Québec

Une « coconstruction » qui exclut les membres des communautés collégiale et universitaire

Montréal, le 7 juin 2018 – À la suite de l’annonce par Québec du Plan d’action numérique en éducation et en enseignement supérieur, le Collectif des ÉGES déplore vivement qu’aucun groupe constitutif des réseaux de l’enseignement supérieur (professeures et professeurs, personnes chargées de cours, tutrices et tuteurs, étudiantes et étudiants, personnels professionnel et de soutien) n’ait été convié à participer au Chantier sur le projet eCampus et la formation à distance. Alors que le gouvernement s’enorgueillit du fait que cette démarche ait été développée selon une philosophie de « coconstruction » permettant de « réfléchir de façon concertée […] et de déterminer collectivement les actions à entreprendre pour l’avenir de l’enseignement supérieur au Québec » (p.49 du Plan d’action numérique), force est de constater que les principaux intéressés ont été oubliés.

Ce campus numérique aura pourtant un impact direct sur les conditions d’études et la qualité des apprentissages, en plus d’avoir des conséquences sur les conventions collectives. Les membres du Collectif ne s’opposent pas d’emblée à la mise sur pied d’un eCampus, mais souhaitent être parties prenantes des discussions, en amont comme en aval, pour s’assurer que soient considérés les enjeux liés à l’autonomie professionnelle, à la pédagogie, à la tâche, au droit d’auteur, à la liberté universitaire, à l’utilisation des nouvelles technologies ainsi qu’au soutien technique et professionnel.

Le Collectif des ÉGES a transmis ce matin une résolution à la ministre David revendiquant une plus grande implication des communautés collégiale et universitaire dans les travaux conduisant à la création imminente d’un campus virtuel au Québec et réclamant qu’une délégation composée de membres de tous les groupes constitutifs des réseaux de l’enseignement supérieur soit intégrée aux différents comités de travail en lien avec le eCampus. Il exige également que des comités paritaires intégrant des personnes désignées par la ministre et par chaque groupe concerné soient formés afin d’examiner les retombées de l’avènement d’un campus virtuel sur les conditions d’étude et de travail et pour discuter de la coordination d’ensemble de l’offre de programmes à l’échelle du territoire québécois.